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Chenilles urticantes

Certaines espèces de chenilles de papillon présentent des propriétés urticantes et peuvent être à l'origine d'atteintes sur la santé des personnes exposées. C’est le cas notamment des chenilles processionnaires du chêne et du pin (photo ci-contre) dont les poils urticants se détachent très facilement lors d'un contact ou sous l'effet du vent. La vigilance est donc de mise, en évitant tout contact avec les chenilles, leur nid et les zones potentiellement infestées.

Deux espèces distinctes de chenilles

Depuis quelques années, des colonies de chenilles processionnaires du chêne et du pin sont en France. Ces chenilles, aux poils urticants, vivent en groupe (on parle de chenilles grégaires) dans des nids accrochés aux arbres. Elles forment des processions lorsqu’elles se déplacent après leur éclosion (en particulier celles du pin). Ces chenilles appartiennent à deux espèces distinctes et ont des cycles biologiques différents. On les trouve à différentes périodes de l’année :

  • la chenille processionnaire du pin est urticante de novembre à mars;
  • la chenille processionnaire du chêne est urticante de mai à juillet.

Elles n’ont pas la même répartition géographique en France. La chenille processionnaire du pin est présente sur les ¾ sud du territoire français et son front de migration remonte chaque année de quelques kilomètres. La chenille processionnaire du chêne est quant à elle essentiellement retrouvée sur le quart nord-est de la France par foyers restreints. En PACA, on retrouve essentiellement la chenille processionnaire du pin.

Quels sont les risques pour la santé ?

Les poils des chenilles processionnaires contiennent une toxine urticante et allergisante, à l’origine d’irritation cutanée et oculaire chez les personnes séjournant dans les lieux infestés. Ces chenilles, lorsqu’elles sont agressées, dispersent au gré du vent leurs poils, qui par des crochets peuvent s'accrocher aux habits ou à la peau. La démangeaison provoquée par les crochets incite à se gratter, et ainsi à faire éclater les poils, libérant la toxine. L’exposition aux poils urticants des chenilles processionnaires peut provoquer des effets au niveau des yeux (conjonctivite), au niveau de la peau (démangeaisons, rougeurs) et au niveau des voies respiratoires (gêne voire asthme dans les cas les plus graves).

Précaution importante chez les enfants en bas âge

Dans le cas où un enfant en bas âge aurait porté une chenille à la bouche, il est important de consulter immédiatement le service des urgences.

Comment se prémunir ?

L'ARS Paca recommande au public :
> D’éviter la fréquentation des zones à proximité des pins infestés, de porter des vêtements couvrants si l’on se rend malgré tout dans ces zones.
> De ne pas manipuler les chenilles et les nids.
> De ne jamais balayer une procession de chenilles afin d’éviter de créer un nuage de poils urticants qui pourrait provoquer une atteinte cutanée, oculaire et respiratoire.
> D’éviter de se frotter les yeux en cas d’exposition.
> De ne pas faire sécher le linge à l’extérieur près des pins par grand vent.
> De prendre toutes les mesures de précaution pour éviter le contact avec les poils urticants déposés en particulier sur les pelouses, d’éviter de tondre les pelouses sous les arbres infestés.

En cas de contact, les poils urticants se fixant sur les cheveux et les vêtements, il est recommandé de :
> prendre une douche tiède avec lavage soigneux des cheveux au shampoing,
> changer de vêtements et laver les vêtements contaminés au dessus de 60°C.

Risque de contamination humaine en manipulant les animaux

Les chenilles processionnaires sont très dangereuses pour les animaux. Le Conseil régional de l'ordre des vétérinaires Paca-Corse alerte sur les risques sanitaires chez l'animal (voir le communiqué de presse du 3 mars 2015) et recommande d’éviter de manipuler un animal sans précautions (zone abritée du vent, masque, lunettes, gants, etc.).